Juin-juillet 2016

Ejokonoï

Aidons le Turkana

Juin-juillet 2016:

Le début de l’été n’a pas été de tout calme: nous avons été informés début juin qu’un jeune avait eu un accident de moto, et après avoir constaté une blessure grave à la tête, nous l’avons transféré en urgence à Lodwar par avion. Après plusieurs semaines de convalescence à l’hôpital de Lodwar, son état s’est lentement amélioré, et nous sommes actuellement heureux de constater qu’il a presque entièrement récupéré, même s’il garde quelques troubles du langage.

 

Nous avons du transféré deux autres patients au mois de juin : un homme qui avait reçu une balle dans le dos (les affrontements pour le vol de bétail sont encore fréquents entre les Turkana et leurs voisins Mériles), et un jeune homme qui avait le bras cassé.

 

Dans le cadre des formations pour les accoucheuses traditionnelles, nous avons parlé des différentes étapes de l’accouchement, et avons insisté sur l’importance de l’allaitement immédiatement après la naissance, car il y a beaucoup de différences entre leurs coutumes et les nôtres. Avec la confiance qui s’installe entre elles et nous, les réunions deviennent de plus en plus amusantes et intenses.

Trois femmes ont décidé de venir nous voir pour accoucher, et les 3 naissances se sont bien passées. Chacune a reçu une moustiquaire pour protéger les enfants.

 

La chef du groupe d'accoucheuses traditionnelles, avec le matériel présenté lors des formations

Courant juin, nous avons effectué des cliniques mobiles à : Maisa, Meyan, Ekopé, Sasame, Lomanakeju, Kibish, Lokomarenyang et Loitakabila. Nous ne sommes pas allés à Liwan en juin, car ils n’avaient pas respecté les consignes d’utilisation de notre service de soins d’urgence présumée, en nous faisant venir en mai pour un problème mineur. Courant juin, nous avons contrôlé la tension artérielle de travailleurs de la mission. Nous avons été surpris par les résultats. Par exemple, un jeune homme de 28 ans, sportif, avait une tension de 170/100. Il consommait beaucoup trop de sel, et une amélioration de son alimentation a permis de régler le problème.

 

En juillet, nous avons accueilli Andrew, un infirmier local, qui remplace Séphora, qui va bientôt être de nouveau maman.

 

Clinique mobile à loikatabila

Martin et Joséphine font un topo sur le paludisme, la brucellose et le trachome, à Lokomarenyang

Notre nouveau collègue infirmier local, Andrew, à kangkala

 

Ce mois a surtout été marqué par une forte recrudescence des cas de paludisme, en raison des fortes pluies des semaines précédentes, qui créent un environnement favorable à la croissance des moustiques.

 

Au mois de juillet, nous avons fait des cliniques mobiles dans les villages de Ekopé, Kibish, Sasame, Maisa, Loitakabila, Lokomarenyang, kangkala et Lomanakeju. Nous sommes satisfaits car entre les enfants, les adultes et les femmes enceintes, nous avons vu au total plus de 600 personnes.

 

Nous avons aussi traité de nombreuses situations d’urgence (une morsure de serpent chez un homme de 50 ans, une infection du post-partum chez une femme qui travaille dans la mission, un cas de déshydratation sévère suite à 4 jours de diarrhées et de vomissements…). Nous avons également traité une femme qui avait une rétention de placenta, qui par chance n’a pas nécessité d’intervention, le placenta s’étant finalement évacué spontanément. Cependant, la situation était critique car la mère souffrait du paludisme. L’état de santé du bébé était aussi critique, en raison de l’état de faiblesse de la mère, et des traditions des Turkana, qui ne donnent l’enfant au sein dans les 24 premières heures après la naissance. Nous avons du coup pris à Lobur la mère et l’enfant, traité la maman, et insister sur l’importance de l’allaitement maternel.

Nous avons aussi du transférer certains patients à l’hôpital de Lodwar, en raison de la gravité ou de la complexité des cas. Malgré la gravité de leur cas, certains patients ne se sont pas présentés le jour du départ de la voiture. Cela nous incite à être plus insistant auprès d’eux, pour leur faire comprendre que le fait d’ignorer leur mal peut amener au pire.

Anna et lopodo, se félicitant de l'installation du réfrigérateur

Ana et Maria, étudiante en médecine, contrôlant la tension d'une femme enceinte

Nous finissons cette lettre avec les mots de 2 étudiants en médecine, Maria et Andréa, qui nous ont rejoint en juillet à la clinique mobile et au dispensaire. Nous espérons les revoir ici, et surtout qu’ils décident de se joindre au projet à la fin de leurs études !

« Durant notre naissance, nous avons assisté à l’accouchement de Regina, une travailleuse de la mission. C’était sa première grossesse et elle avait un peu peur, mais elle a finalement donné naissance le plus naturellement possible, comme toutes au Turkana, à un garçon nommé Amando. Le cordon ombilical était autour de son cou, mais grâce à l’action rapide des infirmières, cela n’a pas affecté le bébé. Nous avons pu constaté la force de Régina, et des Turkana en général, ainsi que leur admirable tolérance à la douleur, et leur façon d’accepter les traitements sans se plaindre. Participer à la clinique mobile a été pour nous une grande opportunité. Nous avons beaucoup appris sur le plan médical. Cela a aussi été l’occasion d’appréhender la culture Turkana, et de vivre la médecine avec une approche beaucoup plus humaine. »

 

 

Nous vous donnerons d’autres nouvelles en septembre !

 

 

Zipporah, Andrew, Martín et Ana.

 

 

Ejokonoï est une association à but non lucratif, régie par la loi du 1er juillet 1901. Parution au JO du 15 juin 2013.

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