Janvier 2016

Ejokonoï

Aidons le Turkana

Janvier 2016:

Voici un message d’Ana, la nouvelle infirmière qui travaille depuis janvier pour la clinique mobile:

 

 

Bonjour du Turkana,

 

Je commence par me présenter, je suis Ana, une infirmière de Barcelone. J’entreprends en 2016 de poursuivre l’excellent travail de la clinique mobile. J’ai pu en octobre, novembre et décembre observer les activités de la clinique mobile, partager leurs expériences avec Andres et Elena, auprès de qui j’ai beaucoup appris, et que je remercie.

J’ai aussi travaillé avec Séphora, une infirmière Turkana arrivée un peu après moi, très motivée pour travailler. C’est très positif de l’avoir car elle amène de la confiance et de la sécurité auprès des Turkana. Grâce à elle, nous pouvons mieux communiquer avec les patients, ce qui rend notre travail plus facile.

Il est difficile de résumer le temps passé ici. Cela fait 2 mois, mais il me semble beaucoup moins (et il me semble que lorsque le temps passe si vite c’est que l’on se sent vraiment chez soi). Nous avons traité de nombreux cas avec la clinique mobile, nous avons continué les vaccinations des enfants, le suivi des femmes enceintes. Nous avons pris en charge plusieurs blessés, des cas de paludisme, de tuberculose, des maladies respiratoires, des douleurs articulaires, des urgences, et de nombreuses pathologies ophtalmologiques.

 

Nous avons eu la chance de passer une semaine à l’hôpital de Lodwar, avec le programme d ‘ « hôpital des yeux » qui a lieu chaque année avec Blanca Garcia et Esther Ciancas (des ophtalomologues espagnols). Elles nous ont appris à prendre en charge les conjonctivites, les trachomes, à diagnostiquer les cataractes et les glaucomes… J’ai pu assister aux chirurgies, et me familiariser avec les équipements hospitaliers et les personnels qui ont de nombreux contact.

 

Aujourd’hui, Mercy, l’un de nos traducteurs, est à Lodwar (capitale du Turkana), pour prendre des cours de « santé communautaire », ce qui lui permettra de mieux nous aider dans le dispensaire et les cliniques mobiles. Joséphine, l’autre traductrice, est depuis quelques temps à l’hôpital d’Eldoret (plus loin que Lodwar mais avec plus de moyens ndlr). Elle accompagne depuis noël une filel de Napeikar malade, elle a géré son transfert à Eldoret en raison du manque de moyens à l’hôpital de Lodwar. Elle continue à avoir des examens pour savoir exactement ce qu’elle a. Elle a tous les jours de la fièvre, et ils cherchent à diagnostiquer au plus tôt ce qu’elle a pour pouvoir la traiter.

Nous recevons constamment des urgences. Par exemple, le jour de mon arrivée, j’ai vu un homme qui vivait près de Lobur, qui s’était battu et avait une plaie de lèvre. Nous avons mis une heure à essayer de lui faire comprendre qui nous étions (il était sous l’emprise de l’alcool), mais il refusait catégoriquement de se faire traiter. A minuit, nous avons remarqué deux garçons qui vivaient avec lui, et qui avaient déjà accepté nos soins, et nous avons fait notre possible pour qu’ils le convainquent à nous entendre pendant que nous allions chercher la voiture. Finalement nous avons réussi à recoudre sa plaie, à lui donner des antibiotiques, car si la lèvre était restée ainsi, l’évolution aurait surement été mauvaise. Maintenant il vient tous les jours pour les soins et nous espérons qu’il guérira rapidement.

Nous avons aussi eu le cas d’une femme enceinte qui est entré en travail alors que notre conducteur et l’infirmière la transféraient à Kokuro, le dispensaire le plus proche. L’accouchement a eu lieu avant qu’ils n’arrivent au dispensaire, mais tout s’est bien passé !

 

Voilà, c’est tout pour le moment, merci pour vos soutiens, nous nous réjouissons de poursuivre ce que les autres infirmiers ont fait avant nous.

Salutations

 

Ana

 

Ejokonoï est une association à but non lucratif, régie par la loi du 1er juillet 1901. Parution au JO du 15 juin 2013.

Association Ejokonoï