Bilan 2013

Ejokonoï

Aidons le Turkana

Bilan de l'année 2013

 

Voici quelques nouvelles que nous transmettent régulièrement Emiliano et Teresa, les 2 infirmiers espagnols actuellement en charge du projet de la clinique mobile au Turkana:

Rapport d’activités 2013 du projet de la « Clinique mobile dans le Triangle de Llemi »

 

 

Cette année, ce projet a enfin démarré. Au fil de l’année, nous avons été capables de couvrir une plus grande part de la population, jusqu’à atteindre, tous les mois, les neuf points de Protection sanitaire et sociale : Kibish, Lokomarinyang, Meyen, Napeikar, Lobur Mission, Nalemsekon, Maisa, Liwan et Nalempetet.

 

 

A Napeikar:

Il n’est pas possible d’avoir une clinique mobile en tant que tel, car la population est trop nombreuse (2000-2500 personnes). Les soins sont donc dispensés deux fois par semaine, de la manière suivante :

-Les lundis matin, sont réalisées les visites à domicile des personnes malades à mobilité réduite. Ces visites se font en compagnie de l’assistante sociale, qui évalue la situation sociale de ces patients. Ainsi, nous pouvons assurer un suivi de cette population et comprendre quelle est la situation des habitants de Napeikar. Les patients sont choisis avec notre « Community Health Worker » déjà formé qui, au cours de la semaine, rend visite aux différentes familles de la zone, en faisant un rapport de la situation et des problèmes rencontrés dans les différentes habitations.

 

-Les mercredis matin, la clinique mobile s’occupe de vingt cas de maladies, préalablement sélectionnés par le « Community Health Worker ».

 

A Napeikar, la formation de sages-femmes traditionnelles a également été mise en place, les lundis et mercredis après-midi, avec une infirmière et l’assistante sociale. Pour cette mission, nous avons sélectionné quatre femmes (qui ont toutes eu 7/8 enfants) très respectées dans le domaine de la maternité, et une traductrice membre du Conseil des Anciens du village. Chaque jour, des informations sont échangées entre les professionnels de santé et ces sages-femmes, au sujet de la tradition, au moment de l’accouchement, dans les différentes cultures.

Sachant que les Turkana sont très traditionnels et préfèrent accoucher à la maison, sans aide de personnel sanitaire et dans le respect de leurs traditions, il n’est pas possible d’imposer, brutalement, une nouvelle manière de faire. Aussi, nous avons plutôt travaillé sur le thème de l’hygiène et des normes basiques de santé, pour ne pas imposer une culture sur une autre culture.

Les lundis après-midi, des contrôles des femmes enceintes sont réalisés avec un des infirmiers. Ce contrôle consiste à les peser, à prendre leurs constantes vitales, à leur distribuer du fer et de l’acide folique pour le bon déroulement de la grossesse, et à surveiller les éventuels problèmes. Il s’agit aussi de sensibiliser ces femmes sur la nécessité de faire appel au personnel sanitaire, et aux sages-femmes traditionnelles au moment de l’accouchement.

En 2014, un accord sera mis en place avec le Gouvernement de la région du Turkana, pour pouvoir administrer et diriger le dispensaire de Napeikar.

 

A Meyen :

Zone de peuple nomade, située autour du fleuve Meyen et ses affluents.

La population est nomade, par conséquent, il y a des mois où la majeure partie des familles se déplace à l’intérieur des montagnes ou dans d’autres villes plus grandes. La population soignée dans cette région est composée d’enfants, de femmes et de personnes âgées. Les hommes se mettent à l’écart, se chargeant du bétail, et mis à part les plus malades, ils ne s’approchent pas ; et les jeunes femmes, sauf à avoir un problème de santé grave, continuent leurs travaux. L’approvisionnement en eau se fait par des trous dans le sol, creusés à la main.

 

A Nalemsekom :

Zone nomade située dans une plaine à 30 km de la frontière avec l’Ethiopie, proche d’une rivière, affluent du Meyen. La population est concentrée dans deux agglomérations importantes, en raison de l’insécurité croissante créée par ses voisins du côté éthiopien. La population est dans l’ensemble stable, bien que pendant la saison des pluies, l’accès devient très difficile. La population soignée est principalement composée d’enfants, de personnes âgées et de femmes. A Nalemsekom, les soins et le suivi des femmes enceintes est un peu moins compliqué. L’approvisionnement en eau se fait par des trous dans le sol, creusés à la main.

 

A Maisa :

Zone située au pied de la montagne, à proximité d’un puits et d’un barrage, ce qui permet un approvisionnent en eau. Population semi-nomade bien installée dans cette zone, qui se déplace plus à l’intérieur des terres, seulement pendant les périodes de forte sécheresse, à la recherche de sécurité alimentaire pour son bétail. La population soignée est composée d’enfants, de femmes, de personnes âgées et d’hommes, à la fois adultes et jeunes.

 

A Liwan :

Population semi-nomade disposant d’un accès à l’eau par le biais d’un puits et d’un barrage, installée dans une agglomération principale. La population soignée est constituée d’enfants, de femmes et de personnes âgées. A moins d’un grave problème de santé, les hommes, jeunes et adultes, poursuivent leurs tâches de bergers dans des zones éloignées de la ville.

 

A Nalempetet :

Population semi-nomade disposant d’un accès à l’eau par le biais de trous creusés à la main dans le sol.

 

A la mission de Lobur:

Il s’agit de toutes les populations qui se sont développées autour de la Mission catholique de Lobur et ses travailleurs.

 

A Kibish :

Nouvelle capitale du district. Le dispensaire de la zone est encore en réparation et compte seulement un infirmier de l’armée, qui de temps en temps, soigne la population, mais ne dispose pas de beaucoup de médicaments et pratique des tarifs très élevés. Notre attention se concentre dans l’enceinte du Centre maternel et infantile de l’Eglise, dans lequel, en plus de dispenser des soins, nous contrôlons les enfants et les femmes enceintes, afin de pointer les éventuels risques pour la santé.

 

A Lokomarinyang :

Population semi-nomade disposant d’un Centre maternel et infantile, dans lequel nous procédons aux soins. La population dispose d’un puits, et se concentre dans une seule agglomération.

 

POPULATION SOIGNEE

La population soignée dans les cliniques mobiles pendant l’année 2013 s’élève à 2.854 personnes, sur une population d’environ 8.000 personnes

 

 

TRANSFERTS DES PATIENTS

Depuis le début du projet, les transferts de patients en urgence, hors de la zone de la Mission de Lobur et du dispensaire de Kokuro, ont diminué de 80 à 20%. Ces transferts sont principalement faits pour réaliser des examens complémentaires, plutôt que pour de réelles urgences.

 

 

En 2014, si nous réussissions à obtenir l’ambulance, cela garantirait une augmentation des cliniques mobiles, et la possibilité de développer d’autres lieux de dispenses de soins, comme les villages de Koyasa et Napak. Par ailleurs, nous faisons passer des entretiens aux infirmiers provenant du Turkana afin de les engager, pour qu’il y ait toujours quelqu’un sur le terrain. Cette année, nous avons aussi l’objectif de construire une pharmacie et une habitation pour l’infirmier local, en plus d’une salle d’urgences.

 

 

Ejokonoï est une association à but non lucratif, régie par la loi du 1er juillet 1901. Parution au JO du 15 juin 2013.